( 27 mai, 2008 )
Aux yeux du monde, tu es juste ma cousine. Mais pour moi, tu es bien plus que ce simple mot. Je peux dire sans mentir que je te vois comme ma jeune sœur.
Comme des sœurs, nous avons grandi ensemble, nous nous sommes chamailler pour des broutilles d’enfants, nous avons évolué main dans la main dans nos mondes imaginaires.
La vie n’a pas été vraiment tendre avec toi, tu as eu de sombres instants. Mais je sais, je suis intimement convaincue que tu sauras faire face à chaque défi, et franchir tous les obstacles que le destin placera par malice sur ton chemin. Car tu es forte et courageuse, je n’en doute pas et n’en douterai jamais.
Continue à être toi, juste toi, c’est ainsi que tu es la plus jolie : espiègle, drôle, têtue, souriante et câline. Même si tu es maintenant une femme – et une belle femme – je continue à te voir comme la petite fille turbulente et joyeuse qui partageait mes jeux enfantins.
Et aujourd’hui, je voudrais arracher les yeux à tous ceux qui ont voulu te faire mal, car c’est le rôle d’une grande sœur !
Je t’offre ces mots sortis en vrac de mon cœur et je les pose ici afin que tous sachent que je t’aime, ma sœur. Je serai toujours là pour toi, dès que tu en auras besoin ; ne l’oublie pas…
( 30 mars, 2008 )
Il était une fois un œil qui se sentait fort solitaire. Il était bien banal, avec sa couleur de noisette automnale. Bien sûr, on lui avait déjà dit qu’il était joli, avec sa légère nuance mordorée ; mais ce n’était pas grand-chose. Jamais on ne l’avait sondé intimement pour découvrir l’étincelle de l’amour. Si bien qu’il commençait à douter sérieusement de trouver l’âme sœur. Et il errait ainsi de par le monde, sans but.
Mais un jour, il rencontra un autre œil, au bleu particulier. On aurait dit qu’un ciel d’été, tantôt ensoleillé, tantôt orageux, avait élu domicile en ce globe parfait. Un seul coup suffit pour que ces deux êtres se rendent compte qu’ils étaient faits l’un pour l’autre. Et l’œil si seul connut la joie du couple.
Ils s’aimèrent si fort que, bientôt, la famille oculaire s’agrandit. Un bel œil vit le jour. Son iris enfantin avait la couleur de la mousse forestière, ou bien celle de l’herbe tendre du printemps. Une pointe de doré rehaussait l’éclat intelligent de ce regard malicieux.
Le couple était heureux de cette naissance, mais n’en resta pas là. Un deuxième petit être fit son arrivée : un œil bleu de givre, limpide de pureté. Il était curieux de tout, grand ouvert sur les merveilles du monde.
C’est ainsi que l’œil bien banal ne fut plus jamais seul, grâce à sa famille unie autour de lui. Peut-être y aura-t-il encore d’autres petits yeux à naître ? Toujours est-il que cette histoire s’achève comme il se doit, sur un bonheur simple, le plus grand qui soit : la joie de fonder une famille…
( 19 mars, 2008 )
Une question taraude mon esprit, qui ne me laisse que peu de répit. Que faire du passé ?
Faut-il tenter de réparer ce qui a été cassé ?
Faut-il laisser le passé au passé alors même qu’il a forgé le bonheur présent ?
Je ne sais…
Telle une anté-Pandore, faut-il laisser les reliques ébréchées scellées dans leur coffret secret ?
Ou alors, faut-il ouvrir cette boîte sacrée et répandre sur sa vie tout ce qui a été, au risque de se brûler les ailes ?
Je ne sais…
Faut-il être plus fort qu’Orphée et ne pas regarder en arrière, quitte à avoir des regrets ? Ou bien faut-il tenter un petit regard curieux et voir ce qui arrive ?
Je ne sais…
Et cette question reste présente à mon esprit, malgré mon grand bonheur. Mon futur a-t-il besoin de mon passé ?
Je ne sais…
( 9 mars, 2008 )
A l’abri sous l’ombrage d’un arbre, je rêvassais doucement, mes pensées virevoltant en tout sens sans aucun ordre. Je voyais sans les voir les souriantes fleurs printanières, le tapis émeraude de l’herbe, les insectes s’activant à leur vie. Rien ne pouvait me défaire de mon songe éveillé.
Rien, hormis un papillon tout coloré qui vint se poser délicatement sur ma main délassée. Arrachée à mon état lénifiant, j’observai attentivement ce petit être… qui se métamorphosa sous mes yeux en une gracieuse fée ! Elle était vêtue d’un pétale éburnéen qui faisait ressortir l’éclat rosé de sa peau. Ses longs cheveux coulaient sur ses épaules en une cascade d’or et deux ravissantes antennes dépassaient de son front enfantin. Du papillon, elle avait conservé les ailes chatoyantes. Le safran aurifère et le noir d’argent y dessinaient des arabesques fantasques et paraient la créature, tels des bijoux princiers.
Elle resta ainsi à me regarder avec son air mutin de farfadet déluré. Puis, le temps d’un battement de cil, la fée redevint papillon et s’envola séduire quelque fleur lointaine.
A l’abri sous l’ombrage d’un arbre, j’ai pu voir un pan du voile fantastique se lever et laisser apparaître le mystérieux pays féérique.
( 20 février, 2008 )
Souvent elle voile sa face, en partie ou entièrement, car, timide, elle n’ose se montrer dans toute sa splendeur. Pourtant, ce soir, elle consent à exposer ses doux attraits. Ses joues aux pâles reflets sont pleines. La lune, parée de ses étoiles, veille sur la campagne endormie. Tendre et aimante, elle enveloppe tout d’un halo féérique et embellit ainsi toute chose, en toute simplicité, par pure bonté d’âme.
Belle, elle est aussi triste. Car celui qu’elle aime ne la voit pas. Il lance avec arrogance son regard de feu sur le monde, fier de son uniforme céleste. Tout à sa splendeur, il ne remarque même pas les choses simples de la vie. Il n’aime que lui, ne vit que pour lui, et ne comprend pas que le bonheur le fuit.
Et la belle sélène, ignorée du disque solaire incandescent, luit timidement dans sa robe au velours de nuit et pleure sur son amour interdit.
( 14 février, 2008 )
Je ne suis qu’un nom très commun, le simple mot « mot ». Seul dans la vie, je ne servais pas à grand-chose et ne signifiais rien. Quelle déprime ! Alors, aujourd’hui, j’ai décidé qu’il fallait que cela change.
Je commence par me coiffer d’un petit déterminant. « Un », article tout en simplicité qui me sied à ravir. Puis je me farde d’un adjectif à la suave sonorité. « Doux » est une épithète qui s’accorde tout à fait à mon humeur. Enfin, je revêts une étoffe qui complète mes ornements : « d’amour » s’ajoute à ma panoplie.
Ainsi paré de mes habits de lumière, je ne tarde pas à me marier avec un très beau verbe, lui-même très bien mis. « S’envole » se dit pronominal et fier de l’être ! Nous célébrons en grande pompe notre heureux hymen. En voyage de noces, nous partons vers un magnifique complément circonstanciel. La destination rêvée pour deux jeunes mariés : « vers ton cœur ».
Ma vie prend ainsi un nouveau sens. Car, en ce jour des amoureux, je suis envoyé, simple mot dans une petite phrase, à un homme qu’une femme aime.
« Un doux mot d’amour s’envole vers ton cœur. »
Texte dédié à mon amour
( 12 février, 2008 )
La mère porte son bébé calé dans le creux de son bras chaud. Et elle l’observe, émue. Sa petite tête blonde se réchauffe à la chaleur maternelle. Une bulle de lait éclate doucement au coin de sa bouche qui lance un sourire béat, tandis que son nez délicat se fronce. Lentement ses yeux bleus se ferment pour s’ouvrir sur le joli monde d’azur dédié aux enfants. Elle, regarde ce nouvel être heureux, issu de son sein.
Une émotion frissonne sur son cœur : le bonheur d’avoir donné la vie.
Puis sa fille vient rendre visite au petit frère, curieuse de le voir s’endormir si promptement. Elle est grande déjà, mais si fragile encore. Ses cheveux aux boucles soyeuses viennent caresser la joue lisse du nouveau-né. Ses grands yeux vert mousse sont ourlés de longs cils et remplis d’intelligence. Elle dépose un léger baiser sur le front fraternel. La mère enlace ce petit bout de femme de son bras resté libre.
Un sentiment emplit son cœur : le bonheur d’avoir fait pousser une si belle fleur.
Tous trois sont calmes et goûtent à cet instant de grâce. Et bientôt, le tableau se complète, avec l’apparition du père. Il entoure de ses bras puissants les épaules de sa moitié et couve sa famille d’un regard protecteur. Quand il est là, rien de mal ne peut arriver, car il est le rempart contre toutes les tempêtes. La mère ferme les yeux au contact de la peau aimée.
Un émoi étreint son cœur : le bonheur d’être aimée pour ce qu’elle est.
A cet instant précis où tout son monde est réuni dans une même tendresse, elle est sûre d’une chose. Elle est comblée de bonheur, car elle se sent femme, tout simplement : épouse et mère… entière…
( 29 janvier, 2008 )
Un battement… Un silence… Un battement… Un silence… Régulièrement. Continuellement.
Telle est la plus douce des mélodies. On pose la tête sur le torse nu de son compagnon, l’oreille plaquée là où palpite le cœur aimant, aimé. Alors, on peut entendre cette musique de vie au rythme entraînant. Quoi de plus beau que le chant d’un cœur qui ne bat que pour soi ?… Peut-être la voix de son propre cœur répondant en canon à cette aubade d’amour. Et l’on s’endort ainsi, réconfortée, sûre d’être aimée, et plus sûre encore d’aimer.
Un battement : il hurle « je suis à toi »… Un silence : il souffle « tu es à moi »… Régulièrement. Continuellement.
( 19 janvier, 2008 )
Dans le jardin, un bassin aux eaux limpides et pures, cristallines. Des écailles d’argent nagent en son sein, tranquillement. Un lotus affleure, tel un soleil apparaissant à la surface de la terre. Ses longs pétales céruléens sont éclos pour dévoiler un cœur d’or. Un parfum suave et sucré s’en exhale, attirant à lui libellules et papillons chamarrés… Mais pas seulement… Une jeune femme est assise au bord de l’eau fraîche et semble fascinée par la fragile fleur aquatique. Elle tend une main délicate et effleure doucement le lotus, pour finalement le cueillir et l’accrocher dans sa chevelure.
Elle festoie à chaque repas avec les courtisans, parée comme la reine qu’elle est, la peau recouverte du lin le plus fin, le cou et les poignets lestés d’or, les yeux noircis de kohol, les cheveux cachés sous une perruque lourdement parfumée. Elle est belle, si richement préparée. Elle attire les regards de tous les hommes.
Mais ce n’est rien ! Car, comme elle est, assise au bord de ce bassin, on croirait voir une déesse, tant sa beauté semble irréelle. Elle ne porte rien, hormis ce lotus bleu. Sa peau dorée s’offre aux rayons du soleil radieux de la contempler. Sa chevelure, libérée des carcans de la mode, ondoie sous la brise caressante. Et la fleur, encore humide, orne cette toison, l’enveloppant de la suavité de son parfum. Son pâle azur habille l’éclat noir et brillant ; et son cœur jaune est le plus beau des bijoux, car il pare la plus séduisante des reines.
Tel est le destin de ce lotus céruléen : né dans un bassin paisible, il vient vêtir de sa fragile beauté Néfertiti, « la Belle est venue ».
( 8 janvier, 2008 )
Toute la journée, ils ont été séparés… si longtemps… une froide éternité. Enfin, ils se retrouvent dans l’accueillante intimité de la chambre. Leurs lèvres avides se soudent ; leurs mains enfiévrées se lancent dans une folle exploration de l’autre ; leurs cœurs agités se joignent en un même désir ; leurs corps enfiévrés se rencontrent pour un rendez-vous magique…
Volatilisés tracas, stress et ennui du jour. La nuit s’est installée, noire et complice. Dans la tête des deux amants, un voile rouge amour masque toute autre idée. Il ondule doucement sous la brise de la passion. Soudain, il se déchire pour laisser voir un coin de paradis blanc, un bout d’infini n’appartenant qu’à ce couple aimant…